Le manga, reflet d’une culture, le Japon se donne à voir.
Parfois qualifiée de « neuvième art », la bande dessinée peut être un outil intéressant pour entrer dans l’univers artistique. Sans doute son utilisation pédagogique permet-elle d’amener les élèves à l’art et l’histoire des arts.
Si la bande dessinée reflète comme tout art la période historique dans laquelle elle s’épanouit, elle est aussi marquée par le monde culturel qui la voit naître. La bande dessinée japonaise, représente un monde et en donner en quelques lignes une idée n’est pas une tâche simple à réaliser. Tout est dans la bande dessinée japonaise et, au Japon, la bande dessinée est partout. L’ensemble des sujets sont abordés dans les pages de la production contemporaine des mangas et tout est susceptible de servir de thème ou de prétexte à une série bande dessinée (de la fabrication du pain, aux finesses de la vinification, de l’aube historique du Japon archaïque aux avenirs rêvés d’un archipel dominant le monde ou, au contraire, sombrant dans les océans, de la vie de l’employé de bureau lambda à celle du chef mafieux, du récit romancé de la vie de Jeanne d’Arc à celle d’un samouraï du XVIIème siècle…) et cela, dans tous les registres (de la caricature au réalisme, sur un ton tragique ou ironique, puéril ou violent…). Plus encore que la bande dessinée européenne, la question de la dimension artistique se pose en des termes particuliers. La production abondante de ces volumes, qui peuvent être jetés à la poubelle sitôt lus, la dimension vaste et variée d’un univers dont les personnages quittent volontiers leurs cases pour s’afficher sur des cannettes de boissons ou s’aligner dans les vitrines sous forme de répliques en vinyle, bien des aspects de la production du manga invitent à nous interroger sur les limites qui sépareraient l’œuvre d’art de l’objet culturel de consommation courante. À bien des égards, le manga correspond à ce que l’on pourrait appeler tout simplement un art populaire. Immédiatement accessible par l’immensité de l’offre éditoriale. Immédiatement reconnaissable par les caractéristiques esthétiques de ses productions. S’il est certes possible de trouver par centaines, dans la richesse de la production éditoriale, des créations esthétiquement originales, le manga s’offre, avant toute chose, comme un monde esthétique très codifié : explosion du cadre de la planche, tantôt saturée, tantôt épurée, stylisation des visages… C’est sous cette forme que l’esthétique manga s’est imposée dans le monde entier, relayée par le dessin animé et les jeux vidéos. Et avec lui, c’est toute la culture du Japon, son histoire, ses mythes, et une bonne partie de sa littérature qui sont devenus familiers au public occidental. Le succès de cet art est également explicable par l’universalité de ses créations.
C'est dans ce cadre du manga que Yoshihiro Togashi, auteur de plusieurs oeuvres cultes du genre, donne naissance à Hunter x Hunter